02 mars 2006
En ouverture veuillez trouver...
Aux Modernes
Vous vivez lâchement, sans rêve, sans dessein,
Plus vieux, plus décrépits que la terre inféconde,
Châtrés dès le berceau par le siècle assassin
De toute passion vigoureuse et profonde
Votre cervelle est vide autant que votre sein,
Et vous avez souillé ce misérable monde
D'un sang si corrompu, d'un souffle si malsain,
Que la mort germe seule en boue immonde.
Hommes, tueurs de Dieux, les temps ne sont pas loin
Où, sur un grand tas d'or vautrés dans quelque coin
Ayant rongé le sol nourricier jusqu'aux roches,
Ne sachant faire rien ni des jours ni des nuits,
Noyés dans le néant des suprêmes ennuis,
Vous mourrez bêtement en emplissant vos poches.
Écrit par Leconte de Lisle en 1864.
Commentaires
Je meurs chaque jours un peu, bêtement sûrement, mais toujours aussi fauchée.
Tous mes vœux de ..., je ne sais quoi vous souhaiter. Beaucoup de plaisir, du courage : vous voilà maître de deux grands royaumes maintenant.
Et donc vous êtes la première... Merci Diablotine, quoi que vous me souhaitiez... En ce qui concerne le reste, maitre certe mais royaume et grand... j'en doute... quoiqu'il en soit votre message me fait plaisir.
Aujourd'hui nous les anti-modernes, nous ommes tristes. Car nous avons perdu le meilleur d'entre nous, Philippe Muray. Je lui rends un hommage sobre d'ailleurs sur mon blog. Désolé mais je n'ai le coeur à rien d'autre aujourd'hui.
J'ai egalement appris sa mort et j'hesites encore a lui rendre un hommage, car avec la mort de Muray, c'est un des plus grands polemistes français actuels, voire le plus grand, qui nous quitte... Merci pour votre message et votre hommage, car si nous ne le faisons pas ce ne sera le misérable 4e pouvoir qui le fera...
Heureuse de trouver ici un mot sur la mort de P.M., qui m'a aussi laissée nostalgique et blessée, "abandonnée", comme si un allié était parti. La meilleure chose à faire désormais est de le relire et de le faire lire, vous ne croyez pas ?
Certainement... Pour que même mort ce cher polémiste ne soit pas quand même abandonné, et que ses textes si agréables et critique puissent continué d'emmerder le pouvoir politique... Comme à votre habitude Fleur, vous êtes lucide...
Encore et toujours contemporain...